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Le programme Euro TB
pour la surveillance de la tuberculose en Europe a été mis
en place en 1996 afin de recueillir, analyser et diffuser des
données sur les cas de tuberculose déclarés dans la Région
Europe de l'OMS. Le programme est piloté conjointement par
le Centre Européen pour la Surveillance Epidémiologique du
SIDA (CESES) à Saint-Maurice (France) et l'Association Royale
des Pays Bas contre la Tuberculose (KNCV) à La Haye (Pays-Bas).
En s'appuyant sur des recommandations de consensus incluant
des définitions communes et un ensemble commun de variables,
des informations sont recueillies annuellement sur les cas
déclarés dans chaque pays.
En 1996, 315 892 cas
de tuberculose ont été déclarés dans 50 pays de la Région Europe
de l'OMS. Le taux de déclaration est :
-
inférieur à 20 pour
100 000 habitants dans 21 pays ("à faible incidence"),
tous situés à l'ouest de l'Europe sauf la République Tchèque
et Israël;
-
égal ou supérieur à 20
pour 100 000 habitants dans 29 pays ("à haute incidence"),
situés à l'est de l'Europe sauf l'Espagne et le Portugal.
Entre 1995 et 1996,
le taux de déclaration a baissé dans 18 pays, s'est stabilisé dans
5 et a augmenté dans 24 pays. L'augmentation est supérieure à 10%
dans 12 pays, dont huit républiques de l'ex URSS ayant déclaré plus
de 50 cas pour 100 000 en 1996.
En 1996, les taux de
déclaration de tuberculose par âge et sexe varient selon les
pays. Ils sont les plus élevés chez les patients âgés de 65
ans et plus dans les pays "à faible incidence" et
chez ceux âgés de 35 à 54 ans dans les autres pays. Les taux
sont similaires chez les garçons et les filles jusqu'à l'âge
de 15 ans, mais chez les adultes, ils sont plus élevés chez
les hommes dans tous les groupes d'âge, avec des différences
par sexe plus marquées dans les pays "à haute incidence".
Les personnes d'origine étrangère
représentent plus de 30% des cas dans 11 des 23 pays ayant
fourni des informations sur l'origine géographique.
La proportion médiane
de cas ayant une culture positive est de 54% dans les 18 pays
ayant fourni l'information. Dans les 31 pays ayant donné les
résultats de frottis d'expectoration, la proportion médiane
de cas ayant un frottis positif est de 40% pour les cas pulmonaires.
Les résultats de ces
deux années de surveillance témoignent d'une amélioration de
la disponibilité et de la complétude des données et donnent
une image contrastée de la situation épidémiologique de la
tuberculose en Europe. Les taux de déclaration ont baissé ou
se sont stabilisés dans la plupart des pays "à faible
incidence" et ont augmenté dans beaucoup de pays "à haute
incidence" le plus souvent situés à l'est de l'Europe,
confirmant ainsi les tendances observées à la fin des années
80 et au début des années 90.
Plusieurs facteurs ont
pu contribuer aux augmentations récentes des cas de tuberculose
déclarés, en particulier la paupérisation de certains groupes
de population et les inadéquations ou la détérioration de la
lutte antituberculeuse. Dans plusieurs pays dEurope de
lOuest, on a observé des augmentations temporaires liées
aux migrations en provenance de pays ayant une incidence de
tuberculose plus élevée. L'impact de l'infection à VIH a été jusqu'à présent
limité à quelques pays mais pourrait devenir plus important
dans certains autres pays où l'épidémie de VIH se développe
rapidement.
Au vu des tendances épidémiologiques
hétérogènes observées en Europe et des prévalences élevées
de multi-résistance aux médicaments antituberculeux récemment
signalées dans certaines régions, il est justifié de poursuivre
la surveillance de la tuberculose en Europe en y incluant la
surveillance des résistances et des résultats du traitement. |